LAMInterview Luc Marquet

30 janvier 20190

Le nouveau coach des Dragons se livre, sans filtre, sur la prise de ses nouvelles fonctions, sur ses deux premiers matchs à la tête de l’équipe Pro, le contexte actuel à l’AS Cannes Volley-ball…avant d’aller jouer à Montpellier le 02/02 et de recevoir Nice Volley-ball le 08/02 au Palais des Victoires…

Bonjour Luc, tu viens de prendre les rênes des Dragons, comment s’est passée la transition avec Arnaud Josserand, et dans quelles conditions ?

Nous avons anticipé avec Arnaud et nous avons tout bordé afin de réaliser une transition la plus efficace possible. L’idée majeure ayant été de protéger au mieux le groupe et de lui tenir un discours clair, construit et cohérent. Cela s’est donc fait pendant la trêve des fêtes de fin d’année où j’ai pris la direction de l’équipe avec Arnaud à mes côtés pour m’épauler. Puis lorsqu’il s’est retiré, je suis resté seul aux commandes. Je n’ai pas du tout bien vécu cette période et je reste aujourd’hui très mal à l’aise avec ça. Je suis venu au club pour travailler en binôme avec Arnaud en sachant l’excellent travail que nous sommes en capacité à fournir ensemble. Me retrouver dans cette position aujourd’hui n’est vraiment pas pour me plaire. Cela dit, je me suis engagé à donner le meilleur de moi-même, à servir l’équipe et le club au maximum de mes compétences et de mes valeurs. Si 24 heures ne sont souvent pas assez dans une journée pour que je puisse tout mener de front, et si la tâche est nerveusement et physiquement éprouvante, je me lève chaque matin avec la volonté et le plaisir de relever ce challenge.

Une victoire contre Poitiers, une défaite à Nantes, où se situent les Dragons à l’aube de rencontrer Montpellier, actuel 3èmede Ligue AM ?

Les Dragons se situent plus au niveau de notre match contre Poitiers que celui contre Nantes. Bien sûr que le match contre Poitiers fut de belle facture mais nous nous sommes appuyés sur nos qualités sans penser trop à l’adversaire. Ma philosophie d’entraîneur est d’abord de produire notre meilleur jeu possible avant de s’inquiéter de l’adversaire. Comment envisager de tenter de mettre en place un plan de jeu sur l’adversaire si nous ne sommes pas capables de jouer nos meilleurs atouts (service / attaque / défense) ?Comment penser à gagner un match si nous ne nous livrons pas complètement, entièrement, dans le défi physique, moral et mental ? Une fois que les gars se donnent à fond dans ce qu’ils savent faire de mieux, déjà l’adversaire devra lui aussi tenir bon, mais alors et uniquement alors, le plan de jeu pour contrarier l’adversaire a du sens et peut s’appliquer. Poitiers a été ce genre de match. Nous avons produit notre meilleur volley possible et ensuite nous avons pu ralentir les Poitevins dans leurs velléités offensives. A Nantes, seule notre qualité de service nous a fait défaut. Nous ne les avons pas assez « bougés » et les Nantais se sont transformés en cadors offensifs…Pour le reste, le match des Dragons était au niveau. Mais le volley-ball commence par le service et la réception aujourd’hui ! Et nous avons été défaillants au service.

Wojciech Ferens vient d’être transféré en Pologne, comment gères-tu ce départ au sein du groupe ?

Je pourrais botter en touche et vous répondre : « Tout va bien Madame la Marquise ! » puis faire une petite pirouette pour éluder la question. Oui je pourrais…Mais ceux qui me connaissent bien savent de quel bois je suis fait et je vais essayer de ne pas être trop long pour vraiment vous répondre si vous me l’autorisez. Plusieurs « crédos » m’habitent et font ce que je suis, dans le pire comme le meilleur. D’abord je suis quelqu’un d’entier. Ma vie, personnelle et professionnelle, n’a eu de cesse de m’éprouver. Comme joueur, entraîneur, père, et compagnon aujourd’hui. Je ne crois pas en la chance. Je ne compte pas sur elle pour vivre bien ma vie. Tout ce que j’ai obtenu, gagné ou reçu est le fruit du mérite. Je n’aime pas subir. Je préfère provoquer, aller chercher, me bagarrer. Je ne suis pas un « passif »! Ensuite, j’adore la difficulté, les challenges à relever. Si je commence à ronronner, je ne suis pas un homme bien. Il y a des jours plus difficiles que les autres, bien sûr, mais si je m’endors le soir avec le sentiment d’avoir tout donné, alors je me respecte et cela me nourrit. Le départ de « Ferou » (Wojciech) contribue à tout ça. Comme le retrait volontaire d’Arnaud ! J’ai vécu, je vis, et vivrai des jours très compliqués suite à ces décisions. Je les respecte. Voire plus. Puis-je vous parler de courage ? Oui ! Car il en faut, et pas qu’un peu. Ce n’est certes pas l’idéale situation pour moi. Je suis venu ici parce qu’Arnaud m’a fait confiance, et le club aussi. Alors comme j’ai personnellement endossé la cause, le projet de ce beau club, je ne me vais rien lâcher. Je dois honorer la confiance placée en moi. Je me dois de donner le meilleur, d’être au-delà de mes 100% pour porter fièrement et le plus haut possible les couleurs de l’AS Cannes. Je le dois au Club et à tous ses acteurs. Je le dois à Arnaud. Je le dois aux joueurs. Je me le dois. Alors oui, cet autre départ m’a également percuté de plein fouet. Mais ma première inquiétude est l’équipe. Sont-ils capables, encore une fois, de rebondir et de confirmer ce vent de renaissance qui souffle dans nos rangs depuis début décembre ? Telle est ma seule inquiétude aujourd’hui. Je ne suis rien sans mes Dragons. Un coach n’existe pas sans ses joueurs….

Quels sont tes objectifs, à court terme et à plus long terme ?

A court terme, je veux que les joueurs soient fiers de cette fin de saison. Je veux qu’ils soient salués pour avoir tout donné dans l’adversité. Je nous veux conquérants. Avec la passion, l’agressivité et surtout, surtout, le plaisir. Je veux que nous vivions cette fin de saison. Pas que nous la subissions. Oui, nous perdrons des matchs ! Mais en ayant donné le meilleur ! Il faut être avec ces bonhommes tous les jours pour comprendre et voir tout ce qu’ils donnent pour que ça marche, pour que ça gagne. Et j’ai ce privilège !!! Pour le plus long terme, il est un peu compliqué aujourd’hui de me projeter. La situation actuelle fait que je dois être ancré dans le présent. Au service de l’équipe 24h/24h. Cela fait plus de 30 ans désormais que je suis dans le volleyball professionnel et que je vis au gré des opportunités qui me sont offertes. C’est une vie compliquée, fragile, éprouvante et ingrate. Je suis depuis toujours jugé sur les résultats de ma performance ou celle de mon équipe. Mais je l’ai accepté et m’en arrange. Je ne sais pas encore où je serai la saison prochaine. J’imagine à la place que j’aurai méritée !!!

Merci Luc. 

 

 

 

 

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